Le design web n’est pas mort

Il y a quelques années, on parlait de la mort du journal papier. Les pessimistes prédisaient sa disparition aux États-Unis dès 2017. Il semblerait que nous vivons à l’heure actuelle la réalisation de ces prédictions alors que La Presse a annoncé tout récemment la fermeture de sa version imprimée hebdomadaire au profit du développement numérique. Le média québécois n’est pas seul dans son camp non plus.

Plusieurs autres exemples existent, dont le célèbre New York Times qui se concentre davantage sur la technologie, la recherche et le développement web depuis quelque temps. Aucun doute, les temps changent.

Ils changent également dans le domaine du design web.

Selon un article de Sergio Nouvel publié récemment dans la publication UX Magazine, le design web serait, tout comme le papier, mort. Plus spécifiquement, l’article apporte cinq éléments pour soutenir son point de vue, dont trois qui m’ont interpellé particulièrement.

Les templates

Selon M. Nouvel, la majorité des sites sur le web aujourd’hui sont propulsés par un cadre préconstruit comme WordPress, Blogger, Drupal et autres. Ces services permettent à n’importe qui d’élaborer un site web à l’apparence professionnel en quelques minutes seulement.

Oui, c’est vrai. Cette affirmation peut fonctionner pour des petites entreprises qui ne disposent pas d’un budget pour la création d’un site web, ou par exemple, comme ma grand-mère qui veut vendre des gâteaux sur internet. Le problème, cependant, apparait lorsque notre entreprise a besoin de fonctions spécifiques à nos besoins, nos produits et nos clients et qui ne peuvent être intégrées à des solutions web préemballées et intégrales qui ne peuvent, en raison de leur prix ou la limitation de leur cadre, s’adapter à ces besoins uniques.

Prenons par exemple Walmart, Canadian Tire et Best Buy. Trois entreprises spécialisées dans le commerce au détail à rabais qui s’adressent à la même clientèle. On pourrait penser qu’elles requièrent les mêmes fonctions de leur site, mais c’est faux. Leurs stratégies de commercialisation diffèrent, tout comme leurs stratégies numériques. Elles ont donc besoin d’un site en mesure de contribuer à ces différentes stratégies. Un template, conçu pour tous, ne peut faire cela. Il faut donc considérablement le modifier, mais à quel prix?

Il n’y a plus d’innovation dans le design web

Toujours selon l’article, la dernière innovation significative du design web serait le design responsive, ou la capacité d’un site à adapter son design aux divers écrans utilisés aujourd’hui comme le mobile, les tablettes et, évidemment, les ordinateurs de maison. De plus, le design responsive serait, selon l’auteur, dépassé.

C’est faux. Il y a quelques mois à peine, Google a mis en place un algorithme qui punirait les sites qui ne sont pas adaptés au mobile. Bien que la majorité des templates soient responsives, la qualité n’y est pas toujours, ce qui en contrepartie pourrait faire mal à un site au niveau des moteurs de recherche.

Il faut savoir que la technologie web est en pleine transformation et que les choses bougent très vite. Les designers web, en collaboration avec différentes autres équipes nécessaires au développement d’un site web complet, sont en mesure de suivre ces développements et de développer des sites en mesure de les intégrer. Un template, créé il y a peut-être plus d’un an, ne peut le faire.

De plus, certaines possibilités, comme la technologie parallaxe, peuvent être réutilisées à différentes sauces. Les innovations du passées sont donc en mesure d’être réutilisées par une équipe de design créative pour aider votre site web à maximiser sa fonctionnalité afin d’augmenter son efficacité.

Le mobile tue le web

Finalement, les sites web seraient désormais superflus étant donné que l’on peut consulter tout ce dont nous avons besoin par l’entremise d’applications. Selon UX Magazine, les gens utilisent désormais les applications d’une entreprise, et non son site, pour obtenir de l’information. Il n’y a aucun doute que le mobile est désormais l’interface de choix des consommateurs, mais il est faux d’affirmer que les consommateurs préfèrent les applications à un site web.

Les applications, nous nous en servons pour des services que nous utilisons régulièrement comme les services bancaires. Cela dit, rares sont les magasins où nous achetons suffisamment de produits pour justifier l’installation d’une application. En contrepartie, il se peut que nous ayons besoin d’un produit spécifique une fois dans un magasin spécifique. Nous utiliserons alors notre mobile, mais nous nous tournerons vers le site mobile du magasin, pas nécessairement l’application.

Cet été par exemple, j’étais à la recherche d’un bon endroit pour faire du camping. Je ne sais pas si la SEPAQ a une application mobile, je n’ai même pas fait de recherche puisque mon besoin de trouver ce type d’information était isolé à ce moment précis. J’ai donc utilisé le site web mobile de la SEPAQ pour faire mes recherches. Si j’avais téléchargé une application, elle ne servirait aujourd’hui qu’à gruger de la mémoire sur mon appareil.

En conclusion, l’arrivée de nouvelles solutions web est une bonne nouvelle pour ceux et celles qui désirent un site, mais qui n’ont pas des milliers de dollars à dépenser. C’est parfait lorsque notre entreprise est embryonnaire et en croissance. Cela dit, une fois notre entreprise épanouie, nous aurons besoin d’une image web plus solide, des fonctions élargies et un site en mesure de bien se positionner dans les moteurs de recherche. C’est alors qu’une solution personnalisée avec un design web unique sera de mise.

 

 

Sandra Blondeau

Une pensée sur “Le design web n’est pas mort”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *